Pascal Irénée Koupaki sur l’affaire ICC-Services et consorts
Le ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki, président du Comité de crise mis sur pied pour la gestion de la crise de placement d’argent au Bénin était l’invité sur la télévision nationale hier nuit. Dans le style pausé qu’on lui connaît, le ministre d’Etat Koupaki a situé les responsabilités et a annoncé, à peu près, le critère de remboursement des déposants. Il a martelé que l’argent du contribuable ne servira pas à rembourser les déposants et affirme qu’il sera difficile de rembourser à 100 % les déposants. Néanmoins, il appelle à faire confiance aux dispositions en cours.
Pascal Irénée Koupaki, ministre d’Etat, Président du Comité de crise dans la gestion de la crise du placement d’argent au Bénin, a éclairé la lanterne des uns et des autres, après les différentes rumeurs et supputations qui ont cours sur le dossier Icc-Services et consorts. Loin des rumeurs qui font état de ce que le gouvernement prendra les fonds publics pour rembourser les épargnants de ICC-Services, le ministre d’Etat a battu en brèche ces rumeurs en rassurant que les fonds publics ne serviront pas à rembourser les épargnants d’une structure illégale de placement d’argent. La crainte qui pourrait se dégager quant au remboursement intégral des épargnants, Pascal Koupaki n’est pas allé pas quatre chemins : « le remboursement à 100 % sera difficile », a-t-il affirmé. Il a donc énuméré la procédure de remboursement des clients.
Critères de remboursement des clients
Enfin, une idée sur les critères de remboursement des épargnants de Icc-Services. Selon le Président du Comité de crise, Pascal Irénée Koupaki, après le recensement, il sera procédé à la catégorisation des déposants. Ceux ayant déjà perçu des intérêts supérieurs à leur mise ne doivent rien attendre de la commission. Par rapport à ceux qui ont déjà perçu des intérêts n’égalant par leur mise, le comité fera la différence afin de mieux apprécier. Dans ce cas donc, ce sont les clients n’ayant encore reçu aucun intérêt qui seront privilégié mais, compte tenu de leur épargne. Le ministre Koupaki a annoncé que les petits épargnants peuvent entrer en possession de leur épargne et ceci selon la disponibilité des fonds. De toutes les façons, la liste des déposants par catégorie et l’échéancier de remboursement seront affichés dans les agences de ICC-Services, à en croire les propos du ministre Koupaki. Mais tout ceci sera fonction de la récolte après la saisie et la mise en vente, selon les procédures bien connues.
Du volume des dépôts
A la date d’hier, 52 000 déposants ont été enregistrés avec 124 000 contrats, a indiqué le ministre. A en croire ses propos, certains détiennent plusieurs contrats. Avec ce nombre déjà, le volume du dépôt est évalué à 70 milliards de nos francs dont 80 % concernent Porto-Novo, Adjara, Cotonou et Abomey-Calavi. Ceci dénote de la forte implantation de l’activité d’Icc-services dans le sud Bénin. Selon le recensement, le volume des intérêts remboursés s’élève à 20 milliards de nos francs. Le ministre a aussi annoncé que jusque là, il n’est pas encore enregistré un épargnant avec une mise de plus de 5 millions. En ce qui concerne la procédure du Comité pour assurer le remboursement, le ministre d’Etat a annoncé que plus de 100 véhicules haut de gamme des responsables de Icc sont déjà saisis ainsi que des maisons au Bénin comme à l’étranger, des parcelles et autres encore. Il a salué la collaboration des populations qui a payé.
De la responsabilité dans l’affaire de placement d’argent
Le ministre d’Etat a situé la responsabilité de la crise du secteur de placement à plusieurs niveaux. Il trouve d’abord coupables, les responsables des structures de placement d’argent. La responsabilité des épargnants qui ont mordu à l’appât du gain facile. Le ministre situe la grosse bêtise au niveau des structures de contrôle et de surveillance des micros finances qui n’ont pas pu détecter à temps, ces institutions illégales de placement d’argent. Il annonce que la responsabilité du gouvernement sera d’apporter son assistance morale aux épargnants jusqu’au dénouement de la situation. En ce qui concerne le rapprochement des responsables des structures de placement avec des autorités administratives, le ministre a tenu à faire observer que ces structures ne font pas que le placement et se présentent aux autorités comme étant des responsables d’Ong dans tel ou tel domaine sans énumérer le placement d’argent.
Koupaki dénonce la prolifération des Ong et Associations au Bénin
Invité, hier jeudi, pour entretenir l’opinion sur le dossier ICC-Services, à travers le thème : « Crise des sociétés de placement d’argent : diagnostic, moyens de gestion et solutions », le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki, responsable du comité de crise, n’a pas tenu la langue de bois quant à la prolifération des Organisations non-gouvernementales (Ong) et des associations relevant de la Loi de 1901 au Bénin qui, selon lui, ont favorisé également l’activité de placement illégal d’argent. A l’en croire, il est répertorié à la date d’aujourd’hui environ 7500 Ong et associations au Bénin. Et chacune d’elles est supposée avoir son domaine d’intervention. Ce n’est pas mauvais en soi vu que la Loi fondamentale concède aux Béninois le droit d’association. Seulement, il se désole du fait que certaines parmi elles dévient royalement de leur champ d’intervention sans en informer l’autorité ou les structures compétentes. Et c’est d’ailleurs le cas des structures illégales de placement d’argent à l’instar d’ICC-Services qui, dès le départ, est enregistrée comme une mutuelle de crédits. ‘’Et c’est par la suite qu’elle a commencé à intervenir dans le secteur du placement d’argent. Le ministre Pascal Irénée Koupaki a fustigé cet état de choses et promet que des mesures de contrôle et de surveillance des Banques et établissements financiers sont en voie d’être prises par le gouvernement aux fins d’éviter, les tout prochains jours, un dossier ICC-Services Bis. Ce faisant, précise-t-il, l’Etat veut jouer pleinement son rôle pour éviter aux Béninois d’autres types d’escroquerie des temps modernes. Il n’a pas occulté les raisons pour lesquelles il s’est impliqué dans la résolution de l’affaire ICC-Services. Pour lui, au regard de l’ampleur de la scabreuse affaire, le gouvernement doit aider les structures illégales de placement d’argent concernées à rembourser dans l’équité et la discipline les déposants aux fins d’éviter plus tard des troubles et autres dérapages que pourraient susciter cette nébuleuse. Il a, pour finir, invité les Béninois à faire leur propre examen de conscience en cette veille de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Bénin. ‘’Il s’agit là d’une crise sociale et morale qui doit interpeller chacun de nous et évitons d’en faire une question politique qui ne fera qu’envenimer la situation’’, a-t-il conclu.
Source: aubenouvelle.info Auteur: PresseBeninoise.Com avec Barnabé HOUNKANRIN
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