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La marche du Bénin vers l’Indépendance : L’épiphanie d’une Nation

La fin de la seconde guerre mondiale marqua pour le Dahomey le début de sa marche vers l’indépendance. La France envisageait un autre régime politique pour ses colonies. A cet effet, une conférence fut réunie par le Chef de la France libre, le Général Charles de Gaulle en janvier 1944 à Brazzaville. De Gaulle promit à cette occasion l’autonomie à tous les territoires africains et une Constitution qui devrait garantir la représentation de tous dans un organisme commun. Cette Constitution émancipatrice fut celle d’octobre 1946 qui créa l’Union française, c’est-à-dire une association qui regroupait la Métropole et ses colonies qui pouvaient maintenant élire leurs représentants. Aux termes de la Constitution, le Dahomey pouvait élire pour cinq ans un Conseil Général qui délibérerait du budget de la Colonie et du fonctionnement de l’administration.

Le premier Conseil Général élu comprenait 30 membres. Il a envoyé cinq représentants au Grand Conseil de l’Afrique Occidentale Française (AOF) à Dakar, puis deux sénateurs (Emile Poisson et Louis Ignacio Pinto) et deux conseillers (députés) de l’Union Française (Paul Hazoumé et Emile Derlin Zinsou) à Paris. Par ailleurs, une fraction des Dahoméens et les Européens vivant au Dahomey élisaient un député (1946) puis deux (1951) pour siéger à l’Assemblée Nationale Française. Sourou Migan Apithy et le Révérend Père Francis Aupiais furent élus députés. En 1951, Hubert Maga, à son tour fut élu député.

Des partis politiques furent créés : le Parti Républicain Dahoméen (PRD) avec Sourou Migan Apithy, le Regroupement Démocratique Dahoméen (RDD) avec Hubert Maga, l’Union Démocratique Dahoméenne (UDD) avec Justin Ahomadégbé . Avec ces trois partis, s’esquissait déjà la physionomie politique du Bénin qui subsistera jusqu’à nos jours : la division politique sur une base régionale qui gêne la réalisation de l’unité nationale et de la paix sociale.

Malgré la possibilité que donnait l’Union Française aux Dahoméens d’élire leurs représentants, la politique assimilationniste propre au système colonial français, sévissait toujours. Alors, la Métropole engagea des réformes plus profondes par le truchement de la Loi-Cadre de 1956. Cette loi reconnaît une autonomie partielle aux territoires africains. Elle annonça l’africanisation des cadres, la création dans chaque territoire d’un Conseil de gouvernement, d’une Assemblée territoriale au suffrage universel. Mais la Loi-Cadre avait deux défauts : la présidence des conseils de gouvernement était laissée au Gouverneur désigné par la France. La réduction des pouvoirs de l’AOF et de l’AEF morcelait l’Afrique et empêchait toute union politique des territoires africains. Avec la Loi-Cadre, Sourou Migan Apithy devint Vice-Président du Conseil de Gouvernement. La Loi-Cadre disparut avec la IVème République française.

A l’avènement de la Vème République, le Général de Gaulle proposa la Communauté Franco-Africaine pour définir le lien entre la France et ses colonies. Pour de Gaulle, seul l’accord des populations importait et il proposa un référendum. Y répondre signifiait l’acceptation libre de la « Communauté ». Quelques mois avant la tenue du référendum, un congrès réunit en juillet 1958, à Cotonou, leaders dahoméens et partisans ouest-africains d’un Etat fédéral. Mais l’idée fédérale échoua au niveau des principaux hommes politiques dahoméens et africains. Et le 28 septembre 1958, le Dahomey répondit « oui » au référendum et adopta la Constitution créant la Communauté franco-africaine. Ainsi, sauf la Guinée de Sékou Touré, les Etats africains acceptèrent le texte de la Constitution car il permettait, aux termes de son article 86, de devenir indépendant après un simple vote.

Le 4 décembre 1958, est proclamée la République du Dahomey, Etat membre de la Communauté. Le 14 février 1959, la première Constitution est adoptée. Trois mois plus tard, Hubert Maga devint Chef d’un gouvernement d’Union nationale. Le 25 mai 1959, le Dahomey adhéra au Conseil de l’Entente avec la Côte d’Ivoire, la Haute Volta et le Niger. C’est ensemble avec ces Etats, qu’en juin 1960, le Dahomey demanda sa complète indépendance politique. Celle-ci fut proclamée le 1er août 1960.

Photo : Sourou Migan Apithy, l’un des cerveaux de l’indépendance

Source: aubenouvelle.info                  Auteur: PresseBeninoise.Com avec Bienvenu AGBOLAN-AFOUTOU



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2 Responses pour “La marche du Bénin vers l’Indépendance : L’épiphanie d’une Nation”

  1. KATI dit :

    Etant qu’un Beninois natif je souhaiterais que lors du 1er Aout 2010 que l’histoire soit relayee partout pour que les jeunes d’aujourdhui qui ne sont nes soient au courant des faits et de leur histoire c’est tres importante.

  2. Nadine dit :

    Kati je suis de ton avis.

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