Cinquantenaire des indépendances : Le sport béninois marque toujours le pas
50 ans après l’accession du Bénin à la souveraineté international, le sport marque toujours le pas. Si les Présidents qui se sont succédé à la tête du pays ne manquent de vision, ce sont leur ministre des sports qui manquent de culture ou d’enthousiasme pour mettre en musique le volet du projet de société du Président. De 1960 à 2010, le sport béninois n’a pas réussi à faire le marketing du pays au plan international comme il n’a pas été facteur de rentrée de devise et, la base pour y arriver n’a même pas été mise en place. Un véritable fiasco.
Manque d’infrastructures
Cotonou et Porto-Novo abritent les trois terrains gazonnés du pays A ce jour, le Stade de l’Amitié de Kouhounou achevé et mis à la disposition du public en 1981 est le véritable complexe sportif dont le Bénin dispose grâce à la coopération chinoise. L’infrastructure abrite outre un stade de 45 000 places, un palais des sports climatisé de 3 000 places, une piscine olympique est des terrains d’entrainement. Le terrain de football est resté pendant plus de 25 ans, le seul qui soit aux normes exigées par la Fifa et la Caf. Il a fallu l’année 2009, pour que les travaux de rénovation du stade Charles de gaulle de Porto-Novo ne soient achevés avec encore bien des imperfections et, 2010 pour que le gouvernement n’y engage d’autres travaux de rénovation. Le stade René Pleven de Cotonou, est lui gardé comme vestige d’un passé glorieux où il abritait les fratricides duels entre clubs de football de Cotonou et de Porto-Novo. Le gazon synthétique don de la Fifa qui y a été installé par la Fédération Béninoise de Football est le seul signe de modernisme qui s’offre au public dans un environnement qui rappelle les années 1960. A part Cotonou et Porto-Novo donc, aucune autre ville du pays ne dispose d’un terrain gazonné. Le développement et la promotion du football, sport phare sensé drainé les autres ne sauraient se faire dans ces conditions. Aucun schéma directeur de dissémination d’infrastructures sportives sur l’étendue du territoire national n’a jamais existé sous aucun régime.
Absence des ressources humaines : L’Université forme des enseignants d’Eps et les entraîneurs de haut niveau manquent
L’injeps est la grande école de référence mise sous la tutelle de l’Université d’Abomey-Calavi qui a vocation de former les formateurs. Plusieurs anciens pensionnaires de ce centre ont pu accéder à de hautes études en Urss et dans l’Hexagone avec à la clé un diplôme de 3ème cycle. Seulement, ils sont pour la plupart revenus au pays occuper les bureaux du ministère des sports, à défaut d’être insérés dans des projets de formation des formateurs. Les diplômés de l’injeps qui n’ont pas pu avoir accès à des études de 3ème cycle, finissent enseignants d’Education physique et sportive les établissements d’enseignement secondaire et, ils sont les plus nombreux. En définitive, l’Injeps est devenu un centre de production de professeur de sports. Et, à défaut d’autres centres de formation d’entraîneurs, ceux-ci se sont tous mués en encadreur technique des clubs, toute discipline confondue. Cet imbroglio a participé pour beaucoup dans la baisse du niveau des sportifs béninois. La plupart des enseignants d’Eps sortis de l’Injeps n’ayant pas bénéficié de formations supplémentaires au sein d’encadrements techniques de clubs professionnels, ils ne sont pas au fait de l’actualité de la gestion des équipes. Ces pseudos entraîneurs se consacrent beaucoup plus à leurs cours dans les collèges qu’à l’encadrement des clubs dont ils ont la gestion technique, puisqu’ils sont sous payés par les dirigeants de clubs. Les politiques qui n’ont jamais réalisé que les diplômés de l’Injeps desservent le sport national, n’ont su décider ni de la mise en place d’un centre de formation des formateur, ni l’octroi massif de bourse aux entraîneurs dans le cadre de la coopération bilatérale avec les partenaires du Nord. Les Usa auraient pu former beaucoup d’entraîneur de Basketball et de Tennis, le Brésil, des entraîneurs de football, l’Allemagne, des entraîneurs de Handball… Si avec l’Allemagne, il a été mis en place un cadre de coopération dans le domaine du football, c’est encore les anciens pensionnaires de l’Injeps qui ont été pris en compte alors qu’on aurait dû leur associer, les anciens footballeurs qui ont l’avantage d’avoir pratiqué la discipline au plus haut niveau national. En 50 ans, le Bénin s’est refusé de former les formateurs.
Appui aux fédérations nationales
Les gouvernants avides de suffrages refusent d’opérer des choix Dans un pays bien sous développé, toutes les disciplines sportives ne sauront être promues par le ministère des sports. Et pourtant, pendant 50 ans, les politiques par manque de courage et avides de suffrages ont tout le temps fait croire aux responsables des fédérations et à tous les athlètes toutes disciplines confondues qu’il est possibles de les subventionner toutes. Une vingtaine de fédérations sont reconnues par le ministère des sports et chaque année, elles adressent toutes leur programme d’activités annuelles au ministre en charge du sport. Les financements attendus du gouvernement sont évalués en moyenne à 80 millions par discipline. Et, sur la base de critères laissés à sa discrétion, le ministère de sports, en fonction des moyens disponibles fait un dispatching qui fait grincer les dents chaque année dans les rangs des responsables de fédération. Depuis 1960, les différents gouvernements qui ont dirigé le Bénin ont été incapables d’élire qui seront soutenus par l’Etat en parce qu’ayant été identifiés sur la base des critères des avantages comparatifs tels que définis par l’économiste David Ricardo. Depuis 50 ans donc, le ministère des sports fait du saupoudrage et les résultats enregistrés témoignent de ce qu’aucun gouvernement n’a encore emprunté le droit chemin.
Absence d’un cadre législatif
Les articles de sports sont dédouanés comme des produits de luxe L’inexistence d’un cadre législatif est l’autre handicap dont souffre le sport béninois et qui l’empêche de faire le grand bond escompté. La proposition de loi élaborée par Galiou Soglo, actuel ministre de la culture alors député à l’Assemblée nationale n’a toujours pas été programmé depuis plusieurs années pour étude. Les entreprises privées n’ont pas les coudées franches pour appuyer les projets sportifs dans le cadre d’un sponsoring. En outre, l’importation des matériels sportifs ne bénéficie pas des avantages fiscaux et, à ce jour, un ballon de football considéré comme un article de luxe est dédouané suivant la même grille qu’une eau de toilette. En outre, les relations qui lient le ministère des sports aux fédérations béninoises de football bien que définies dans la charte nationale des sports.
Les pseudos succès : Plusieurs titres en Boxe et une participation à la Coupe de monde junior de football
Georges Boco, Aristide Sagbo Sowéto, Nazaire Dossa, Théodore Lokossou, Fatiou Fassinou, Philibert Sodjinou et Soulé Kêkê, ont tous décroché le titre de champion d’Afrique pour le Bénin. Justin Savi reste lui détenteur du titre mondial dans sa catégorie des poids plume. La Boxe est pratiquement la seule discipline qui fait vraiment la fierté des béninois. Ce sport sûrement ne draine pas autant de foule que le football mais il a su faire le marketing du pays au double plan africain et mondial à moindre coût. Malheureusement, les boxeurs béninois et les responsables fédéraux savent par quelle alchimie, ils ont pu réaliser autant de prouesses alors qu’il a fallu du temps pour que le pays soit doté d’un seul ring réglementaire. Les clubs de boxe manquent de tout, les entraîneurs ne bénéficient pas régulièrement de stages de remise à niveau et les boxeurs professionnels n’ont pas les matériels adéquats pour s’entraîner. Les résultats obtenus par le Bénin sont le fruit de l’héroïsme de certains passionnés du noble art du sursaut d’orgueil de situations exceptionnelles. Outre les succès de la Boxe qui voilent les difficultés dans lesquelles végète la discipline, il est à retenir la participation du bénin à une Coupe du monde en 2005. Les Ecureuils juniors après médaillés de bronze du Championnat d’Afrique organisé au Bénin en janvier 2005, ont pris part aux Pays-bas, au mois de juin de la même année, à la Coupe du monde junior. Ce fut une première et l’équipe n’a pu accéder au second tour. Enfin, au titre des succès apparents enregistrés par le football béninois se comptent les trois participations des Ecureuils à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations en 2004 en Tunis, en 2008 au Ghana et en 2010 en Angola. Le Bénin n’a jamais pu franchir l’étape du second à l’une quelconque de ces compétitions et chaque fois, les expéditions se sont soldées par des scandales financiers jamais élucidés. Les autres faits marquants en 50 ans se résument à des médailles accrochées par-ci et par-là par des sportifs béninois dans des rencontres de petites envergures.
Source: aubenouvelle.info Auteur: PresseBeninoise.Com avec Sosthène SEFLIMI
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